Equitation et éducation somatique

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liberté, sans mors, galop



Le corps humain est capable d’exécuter environs deux mille mouvements, et la plupart d’entre nous en exécutons à peine deux cent. Nul besoin de se livrer à des performances physiques, expérimenter des mouvements simples et habituels avec une intention et une attention différente permet d’avoir un aperçu de notre potentiel.

Expérimentons!

Allongez vous sur le sol, coudes écartés et les mains repliées sur la poitrine, les doigts se faisant face.

Tendez un bras vers le plafond. Quelle partie du corps a initié le mouvement? Vous ne savez pas? Refaite le geste, plus lentement, avec plus de conscience. Recommencez plusieurs fois, sans aller jusqu’au bout, initiez le, et revenez à votre point de départ. Observez : votre omoplate reste-t-elle au sol? Et votre épaule? Qu’est ce que cela engendre sur le reste du corps? Comment est votre cou?

Essayez à présent de faire le même mouvement en le guidant par le coude, par le poignet ou par les doigts. Sentez les différences corporelles, dans un même mouvement, en fonction de là ou se porte votre attention. D’ailleurs est-ce tout à fait le même mouvement? Non. L’intention est la même, mais l’attention portée sur telle ou telle partie du corps engendre une organisation motrice différente.

A présent, relâchez votre cou, et laissez vos doigts guider votre avant bras vers le haut, le coude au sol. Faites le plusieurs fois, en vous assurant que ce sont bien vos doigts qui entraînent le mouvement. 

Puis laissez les soulever le coude et emmener l’ensemble du bras vers le haut. Levez votre autre bras, comme vous le faisiez au début de l’exercice. Sont ils de la même longueur? Que sentez vous comme différence?

“Si vous faite ce que vous avez toujours fait, vous obtiendrez ce que vous avez toujours obtenu.”

Tony Robbins

technique alexanderQuel intérêt pour nous, cavaliers, de nous livrer à ce genre d’expérimentations? Tout simplement de nous améliorer. Tôt ou tard, nos habitudes motrices nous freinent dans notre progression. Les crispations induits par la concentration, la peur, de mal faire, de perdre le contrôle, de ne pas atteindre nos objectifs, ou juste par une mauvaise organisation motrice engendre des tensions et des résistances chez notre cheval, que nous empêchons involontairement de fonctionner correctement.

Nous entendons les consignes de notre enseignant : “grandis toi”, décontracte toi”, “ne recule pas tes mains”, mais sommes dans l’incapacité de les appliquer car nous n’avons pas compris corporellement comment nous pouvons fonctionner différemment.

Nous essayons de faire, et plus nous essayons de faire, plus la situation se dégrade, car la stratégie n’est pas la bonne. Il s’agit d’en faire moins, mais en conscience et en mettant notre attention au bon endroit et dans les bonnes directions.

Mieux se connaitre pour mieux progresser.

Ce type d’expérimentations, que l’on retrouve dans les pratiques d’éducation somatique comme Alexander ou Feldenkrais, permet au cavalier de mieux se connaitre, identifier nos habitudes motrice et percevoir les mécanismes d’évitement du corps, et surtout comprendre qu’il peut fonctionner différemment. Redonner à l’humain son “inné locomoteur”, en sommes…

Chaque individu a ses propres zones de force, et ses zones plus faibles que le corps va chercher à protéger. Les zones de forces sont souvent les segments les plus longs du corps, qui vont compenser les segments les plus courts. Par exemple un dos faible sera compensé par un usage plus marqué des jambes.

Pour progresser, il ne s’agit pas de tout changer, mais de modifier notre attention. Ainsi, un cavalier qui va dans les arrêts aura tendance à se crisper et à ramener ses mains à lui, provoquant des arrêts avec un cheval creusé, gagnera à garder son attention sur la juste tonicité de son corps et l’orientation de son axe, le dos solide et vertical et les bras souples et orientés vers la bouche du cheval. Pour se faire il devra détacher son attention de l’objectif à atteindre, et inhiber son réflexe de contraction. Simple mais pas facile tant nos habitudes motrices sont profondément ancrées en nous.

Etre plus présent, plus conscient, et canaliser notre mental dans nos directions corporelles, un processus long et qui doit se faire accompagné par un professionnel compétent, mais qui transcendera votre pratique à cheval, avec sans aucun doute un impact positif dans votre quotidien.

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