Réflexion sur l’échelle de progression

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échelle de progression



Une discussion sur les réseaux sociaux a attiré mon attention ces derniers jours, et j’ai envie de partager avec vous mes réflexions, et d’ouvrir la discussion en commentaires à ceux qui veulent y contribuer. 
Elle concerne cette échelle de progression, issue de l’école germanique il me semble.

Si cette trame peut paraître à première vue être une bonne base de travail pour le cavalier en quête de sens, elle est à mon avis à considérer avec discernement.

D’abord parce que chacune des notions présentées contient en elle toutes les autres, on ne peut pas avoir un rythme régulier sans se préoccuper de l’impulsion et de l’équilibre, ni avoir un contact égal sur ses deux rênes sans aborder la rectitude, etc…

La dernière marche de l’échelle fait exception si on considère que la traduction est erronée et qu’on remplace équilibre par rassembler. 
Elle devient dans ce cas l’intrus, puisqu’elle désigne la finalité et non les moyens pour y parvenir. 
D’ailleurs si le terme exact est rassembler, ou se place l’équilibre?Est-il tellement évident qu’il est primordial dans chaque étape qu’on ne le mentionne pas? Et quid de la décontraction?

Ensuite à quels types de chevaux cette progression convient-elle? L’erreur serait de penser qu’elle peut s’appliquer à tous, quelle que soit leur morphologie, leur tempérament, leur vécu, ce qui revient à tous vouloir les faires rentrer dans un même moule.
J’ai horreur des moules, peut-être parce que je n’ai jamais réussi à rentrer dans ceux qu’on a voulu m’imposer, et je pense qu’au lieu de s’acharner à respecter un ordre de priorités établi, chacun gagnerait à observer son cheval, ses forces, ses faiblesses, et puiser dans ses observations et ressentis la pertinence du chemin à suivre.

On considère peut-être ici la progression adaptée à un cheval “parfait”, ou du moins sans difficulté physique, mais combien d’entre nous ont accès à ce type de chevaux, si tant est qu’il en existe? Sur un cheval fait en descendant, qui court après son équilibre, considérera-ton toujours que le mouvement en avant est prioritaire sur l’équilibre? Bien sûr que non!

Je n’ai pas la prétention d’avoir dressé suffisamment de chevaux pour poser des affirmations, mais plus j’avance, plus je prends conscience de la complexité du vivant, et plus je sais que les questions que se posent les cavaliers n’auront jamais une réponse qui conviendra à tous les chevaux.

Donc échelle de progression pourquoi pas, mais avec recul et discernement, et cela reste une trame qui conviendra à un certains nombre de chevaux, pas une vérité absolue.

Comments

  1. agathe on 7 mai 2019 at 18 h 47 min said:

    bBonjour, je réagis avec un temps de retard à votre article que je viens de découvrir ! Je comprends parfaitement ce que vous voulez dire. Pour autant, cette échelle de progression me parait tout à fait pertinente, et elle a été mon seul guide pendant plusieurs mois avec ma jeune jument, car je n’avais pas trouvé l’encadrement que je souhaitais. Je crois que dans la traduction faite par la ffe, des termes ont été revus : en effet, il faut lire “rassembler” à la place d’équilibre, et “propulsion” au lieu d’impulsion. avec ces petites corrections, la progressivité apparait tout de suite plus logique, même si je suis d’accord avec tout, tous ces items doivent s’appréhender dans la globalité (à l’exception du rassembler qui est, en effet, la finalité). Pour autant, sur les 3 premières marches de cette échelle, il y a bien une progressivité. la 3ème est fondamentale : la qualité du contat, ou autrement dit la mise sur la main. Trop de cavaliers voudraient que ce soit le préalable à toute chose ! je monte sur mon cheval sorti du box, et hop il doit être sur la main pour être joli sur la photo ! Pour ma part, avec ma jeune, je suis revenue en arrière. Lorsque je l’ai achetée il y a un an, elle savait parfaitement céder dans sa nuque et avoir l’air en place. Il s’agissait d’une mise sur la main défectueuse, je n’avais pas toujours la correction de l’allure, ni la décontraction. Des problèmes de blocages en ont découlé. Grâce à l’échelle de progression, j’ai tout repris à la base, comme si elle sortait du débourrage. A présent que j’ai la cadence et la souplesse (la “pouliche” vient enfin d’arrêter de courir!), je travaille sur la 3ème étape, je parle bien de la vraie mise sur la main, c’est à dire celle qui provient du derrière. Cette étape est plus difficile qu’il n’y parait à être acquise… La propulsion ne peut pas réellement être envisagée avant (sans contact correct, on obtiendrait un cheval qui précipite). Pour la rectitude, j’imagine qu’on est un cran au-dessus de l’équilibre (à ajouter sans doute à la 1ère marche de l’échelle), mais je ne perçois pas encore dans le détail tout ce que cela suppose.

    Merci en tous cas pour vos excellents articles !

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